vendredi 22 octobre 2010

Psychanalyse

Dans ma recherche d’une école pour étudier la psychanalyse à Paris, j’ai eu la chance d’aller rencontrer un vrai psychanalyste parisien. Je me sentais choyé qu’il prenne du temps pour me parler malgré son horaire occupé.
Son bureau est un magnifique 4 ½. Même si j’avais un rendez-vous j’ai attendu une bonne demi-heure, dans une salle d’attente qui a déjà dû être un salon. J’ai eu l’impression d’être comme un enfant laissé sans surveillance : une demi-heure c’est long, j’ai eu plus que le temps nécessaire pour me mettre les pieds dans les plats.

Mais avant cette anecdote, un peu de potin. En arrivant dans la salle d’attente un patient tout replié sur lui-même était assis sur une chaise en bois dans un coin. Me préparant à attendre un peu, j’ai préféré la chaise en cuir. Il y avait de nombreuses œuvres d’art sur les murs, ainsi que trois grandes bibliothèques.

Toutefois, je fus distrait de mon étude des lieux par une voix qui résonnait dans la pièce d’à côté. J’entends le psychanalyste parler au téléphone. Je me suis dis que je ne devrais pas écouter, mais la tentation est trop grande et mon oreille est devenu le centre de mon corps.
«- Comment ça?
- Je ne veux plus m’en occuper
- … (J’ai mal compris, car mes yeux ont remarqué un mouvement de l’anxieux patient à l’autre bout de la pièce)
- Mais ça me fait chier! (et il tape du pied)
- Ça me fait chier! Ça bouffe mon temps! J’ai des gens qui m’attendent, je n’ai pas le temps
-…
- Désolé de m’être emporté, j’ai des soucis familiaux.»

Quelques secondes plus tard, il ouvre la porte de la salle d’attente, téléphone à l’oreille. L’autre patient se lève comme un ressort, mais se rassoit devant le signe du psy lui indiquant d’attendre encore deux minutes. Il est sorti dans le couloir finir sa conversation. J’étais un peu déçu.
Cette conversation et les mots résonnaient encore en moi lorsque je discutais avec lui dans son bureau. J’avais eu accès à beaucoup trop d’informations sur une personne que j’aurais vraiment aimé garder mystérieuse.

Bon, comment je me suis mis les pieds dans les plats ? Je vais satisfaire dès maintenant votre curiosité. Après qu’il soit venu chercher le patient anxieux, je me suis retrouvé seul dans la salle d’attente. Me promenant tranquillement d’une bibliothèque à l’autre, essayant en vain de les ouvrir, je réfléchissais à l’art décoratif chez les intellectuels. Je réussis soudainement à ouvrir une porte d’une bibliothèque, et je m’empressai de la refermer, comme surpris de mon délit.
Tout cet exercice me donna chaud, mon gilet de laine pesait lourdement sur mes épaules. Mais je ne pouvais l’enlever, il faisait partie de mon déguisement. Je choisi d’ouvrir la fenêtre. Je déconseille vivement d’ouvrir une fenêtre dans un bureau de psychanalyste. Craquement, résistance, cette fenêtre n’était pas ouverte souvent. Mais rien ne dérangeait mon envie de fraicheur.
Soleil au visage, mon attention était centré sur la beauté du lieu ainsi que la belle température. Reprenant tranquillement mes esprits, j’ai remarqué que j’avais un pied appuyé sur le rebord de la fenêtre et de la peinture était collé à mon soulier. Des morceaux de peintures jonchaient le sol… Bâtard! J’ai refermé la fenêtre et j’ai tenté, vainement, de cacher les morceaux.
Mon expérience m’amène à conclure qu’arracher de la peinture ne nuit pas aux relations avec un psychanalyste. Surtout quand on évite de lui en parler.

1 commentaire:

  1. mais la rencontre avec le psychanalyste, ça dit quoi?? j'ai beaucoup de plaisir à te lire sim!!
    mel

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