Dans ma recherche d’une école pour étudier la psychanalyse à Paris, j’ai eu la chance d’aller rencontrer un vrai psychanalyste parisien. Je me sentais choyé qu’il prenne du temps pour me parler malgré son horaire occupé.
Son bureau est un magnifique 4 ½. Même si j’avais un rendez-vous j’ai attendu une bonne demi-heure, dans une salle d’attente qui a déjà dû être un salon. J’ai eu l’impression d’être comme un enfant laissé sans surveillance : une demi-heure c’est long, j’ai eu plus que le temps nécessaire pour me mettre les pieds dans les plats.
Mais avant cette anecdote, un peu de potin. En arrivant dans la salle d’attente un patient tout replié sur lui-même était assis sur une chaise en bois dans un coin. Me préparant à attendre un peu, j’ai préféré la chaise en cuir. Il y avait de nombreuses œuvres d’art sur les murs, ainsi que trois grandes bibliothèques.
Toutefois, je fus distrait de mon étude des lieux par une voix qui résonnait dans la pièce d’à côté. J’entends le psychanalyste parler au téléphone. Je me suis dis que je ne devrais pas écouter, mais la tentation est trop grande et mon oreille est devenu le centre de mon corps.
«- Comment ça?
- Je ne veux plus m’en occuper
- … (J’ai mal compris, car mes yeux ont remarqué un mouvement de l’anxieux patient à l’autre bout de la pièce)
- Mais ça me fait chier! (et il tape du pied)
- Ça me fait chier! Ça bouffe mon temps! J’ai des gens qui m’attendent, je n’ai pas le temps
-…
- Désolé de m’être emporté, j’ai des soucis familiaux.»
Quelques secondes plus tard, il ouvre la porte de la salle d’attente, téléphone à l’oreille. L’autre patient se lève comme un ressort, mais se rassoit devant le signe du psy lui indiquant d’attendre encore deux minutes. Il est sorti dans le couloir finir sa conversation. J’étais un peu déçu.
Cette conversation et les mots résonnaient encore en moi lorsque je discutais avec lui dans son bureau. J’avais eu accès à beaucoup trop d’informations sur une personne que j’aurais vraiment aimé garder mystérieuse.
Bon, comment je me suis mis les pieds dans les plats ? Je vais satisfaire dès maintenant votre curiosité. Après qu’il soit venu chercher le patient anxieux, je me suis retrouvé seul dans la salle d’attente. Me promenant tranquillement d’une bibliothèque à l’autre, essayant en vain de les ouvrir, je réfléchissais à l’art décoratif chez les intellectuels. Je réussis soudainement à ouvrir une porte d’une bibliothèque, et je m’empressai de la refermer, comme surpris de mon délit.
Tout cet exercice me donna chaud, mon gilet de laine pesait lourdement sur mes épaules. Mais je ne pouvais l’enlever, il faisait partie de mon déguisement. Je choisi d’ouvrir la fenêtre. Je déconseille vivement d’ouvrir une fenêtre dans un bureau de psychanalyste. Craquement, résistance, cette fenêtre n’était pas ouverte souvent. Mais rien ne dérangeait mon envie de fraicheur.
Soleil au visage, mon attention était centré sur la beauté du lieu ainsi que la belle température. Reprenant tranquillement mes esprits, j’ai remarqué que j’avais un pied appuyé sur le rebord de la fenêtre et de la peinture était collé à mon soulier. Des morceaux de peintures jonchaient le sol… Bâtard! J’ai refermé la fenêtre et j’ai tenté, vainement, de cacher les morceaux.
Mon expérience m’amène à conclure qu’arracher de la peinture ne nuit pas aux relations avec un psychanalyste. Surtout quand on évite de lui en parler.
vendredi 22 octobre 2010
dimanche 17 octobre 2010
Nouvelles habitudes
Enfin de retour à Paris, je m’installe tranquillement. Les premières épiceries, mon premier jogging. De bonnes habitudes!
Depuis des semaines, je rêvais d’avoir une heure de libre pour aller me promener. J’ai couru 6 km entre les voitures dans une ville magnifique où chaque rue est différente. Je dois, toutefois, changer mes habitudes. Courir les yeux en l’air c’est correct pour Québec, mais à Paris, c’est jouer avec le feu. Je me suis fait klaxonner à deux reprises (je suis certain qu’une fois, c’était une fille qui voulait me dire «bouge-moi ces petites fesses», mais l’autre c’était plus «putain regarde où tu vas»).
Dans la veine des bonnes habitudes qui se prennent tôt, j’ai voulu m’inscrire à la boxe française, alors je suis allé dans un club. C’est vraiment un univers que je ne connaissais pas. Je sais que c’est un peu niaiseux, mais il faut actuellement donner des coups à l’autre, ce qui n’est pas nécessairement un problème. Mais recevoir des coups, c’est une autre paire de manche. Alors, devant le prix d’inscription et la menace planante, j’ai décidé de laisser faire et de me concentrer sur la course.
Je sais, certain dirons que je ne sors pas de mes limites. Vous avez peut-être raison, mais je vais vous dire, je ne suis pas prêt, mentalement, à donner des coups à une belle fille. Sexiste, moi ?!? Si je le suis, c’est tellement intégré que même avec de la bonne volonté lors d’un combat de deux minutes contre l’une d’elles, je n’ai jamais réussi à donner lui donner un coup. Et c’est long deux minutes à frapper dans le vide, tout en recevant des coups. Elle est venue me voir pas la suite et m’a dit : «il faut que tu cognes bon sang, c’est pour ça que tu es ici». Et c’est là qu’elle se trompe, je n’étais pas au club pour cogner mais dans l’espoir de faire un entraînement physique. Pratiquer théoriquement la boxe, pas la cogner effectivement.
Il faut vraiment tout expliquer quand on change de culture. J’ai mis fin à notre conversion par un grognement d’approbation très répandu chez les boxeurs que j'ai vus à la télé, quelque chose comme «ouinnnnn». Elle m’a fait un sourire, mais je ne pense pas qu’elle ait comprise. Ma tentative d’intégration culturelle n’a pas été concluante. Toutefois, j’en sors plus fort! Bien, pour être honnête, je sors plutôt courbaturé de cette expérience…
SMN
Depuis des semaines, je rêvais d’avoir une heure de libre pour aller me promener. J’ai couru 6 km entre les voitures dans une ville magnifique où chaque rue est différente. Je dois, toutefois, changer mes habitudes. Courir les yeux en l’air c’est correct pour Québec, mais à Paris, c’est jouer avec le feu. Je me suis fait klaxonner à deux reprises (je suis certain qu’une fois, c’était une fille qui voulait me dire «bouge-moi ces petites fesses», mais l’autre c’était plus «putain regarde où tu vas»).
Dans la veine des bonnes habitudes qui se prennent tôt, j’ai voulu m’inscrire à la boxe française, alors je suis allé dans un club. C’est vraiment un univers que je ne connaissais pas. Je sais que c’est un peu niaiseux, mais il faut actuellement donner des coups à l’autre, ce qui n’est pas nécessairement un problème. Mais recevoir des coups, c’est une autre paire de manche. Alors, devant le prix d’inscription et la menace planante, j’ai décidé de laisser faire et de me concentrer sur la course.
Je sais, certain dirons que je ne sors pas de mes limites. Vous avez peut-être raison, mais je vais vous dire, je ne suis pas prêt, mentalement, à donner des coups à une belle fille. Sexiste, moi ?!? Si je le suis, c’est tellement intégré que même avec de la bonne volonté lors d’un combat de deux minutes contre l’une d’elles, je n’ai jamais réussi à donner lui donner un coup. Et c’est long deux minutes à frapper dans le vide, tout en recevant des coups. Elle est venue me voir pas la suite et m’a dit : «il faut que tu cognes bon sang, c’est pour ça que tu es ici». Et c’est là qu’elle se trompe, je n’étais pas au club pour cogner mais dans l’espoir de faire un entraînement physique. Pratiquer théoriquement la boxe, pas la cogner effectivement.
Il faut vraiment tout expliquer quand on change de culture. J’ai mis fin à notre conversion par un grognement d’approbation très répandu chez les boxeurs que j'ai vus à la télé, quelque chose comme «ouinnnnn». Elle m’a fait un sourire, mais je ne pense pas qu’elle ait comprise. Ma tentative d’intégration culturelle n’a pas été concluante. Toutefois, j’en sors plus fort! Bien, pour être honnête, je sors plutôt courbaturé de cette expérience…
SMN
vendredi 8 octobre 2010
Lunatique
Il était une fois un être lunatique, enfermé dans sa tête, qui pensait trop souvent à autre chose que ce qui lui arrivait. Il avait la propension à faire des petites erreurs qui sont sans trop grandes conséquences, mais tellement évitables!
Il est parti au petit matin vers un pays internationalement reconnu comme neutre. Cherchant son chemin, et malgré les indications justes et précises que sa compagne, patiente et délicate, lui avait laissées, il s’est trompé à plusieurs reprises dans les directions qu’il devait prendre. Deux fois, en se dirigeant vers la gare de Lyon pour aller prendre le TGV (Tous des Gens Vieux) il a pris la mauvaise direction. Et à chaque fois, des fées (un homme dans la trentaine en complet et un dans la vingtaine) sont venus l’avertir. Comme, il n’était pas d’avance, les fées lui ont vraiment permis de prendre le train vers la Neutre contrée.
Il s’assit dans le train, le wagon était vide, sauf pour une fille qui le regardait de loin, laissant deviner qu’elle ne souhaitait pas qu’il s’asseoit à côté d’elle. Mais, comme de fait son numéro de siège était pile celui-là. « Désolé, madame, j’ai le numéro 73 », lui dit-il. Sans le critiquer, mais avec une moue de jugement, elle a déplacé ces choses. Il s’est installé et a attendu. Malaise. Le passage du contrôleur lui a donné du courage « au moins, je suis dans le bon train ». Deux allemands sont entrés, « j’espère qu’ils sont dans le wagon 15, j’espère qu’ils sont dans le wagon 15 » pensa-t-il. Manque de bol, les salauds s’en vont au bar.
Devant les regards insistant de la fille. Il se posait plusieurs questions, pas toutes pertinentes : « est-ce que mes cheveux sont corrects ? est-ce que j’ai quelque chose entre les dents ». Finalement, il se décida par les gestes de son corps à l’écouter penser. Le message était clair : « Hey! Le cave va t’asseoir ailleurs, le wagon est vide ». Il lui a demandé poliment : « Est-ce qu’il servent du café ? ». Finalement, il s’est déplacé. Le sourire en coin était sans équivoque « Enfin! Il est parti ».
Arrivé à Neuchâtel, visite rapide en voiture et de l’Institut d’ethnologie de Neuchâtel (qui est, selon moi, un des plus beaux endroits pour étudier). Lieu de merveilles et de méditation, il s’est plus inspiré du paysage que des présentations. Profitant tout de même des repas gratuits, il a mangé dans des restaurant convenable.
À la fin de la première journée, il a décidé de marcher pour retourner à son hôtel, question de profiter des derniers rayons de soleil qui éclairaient un lac magnifique et les Alpes, qui sont une chaine montagneuse très cool. Suivant du regard le paysage qui disparaissait tranquillement, ses yeux ont retrouvé ses pieds et des questions se sont imposées : « Il est où mon hôtel ? Où suis-je ? C’est quoi le nom de mon hôtel ? Est-ce qu’il y a un bar le fun dans le coin ? ». Sa conclusion était évidente : « Il faut que je dompte le petit singe qui cour dans ma tête. Maudit singe ». N’ayant pas trouvé de bar avant leur fermeture (les bars Suisse sont vraiment agaces, ils ferment à minuit la semaine…), il a, tout de même retrouvé, au détour d’une rue son hôtel, « Mieux que rien » se dit-il.
Le lendemain, il a présenté dans un colloque sur le conte. Que connaissais-t-il du conte ? Nul ne le savait. Certains participants lui ont même posés la question. Toutefois, la magie de ses mots a su convaincre. Incroyable, mais vrai, tellement vrai qu’il est même ressorti du colloque avec les noms et les adresses des seigneurs des contes.
Sa quête a été longue et difficile. Il retourne auprès de sa compagne avec des images plein la tête, mais surtout soulagé d’avoir relevé un défi plutôt bizarre. La neutre contrée est maintenant derrière lui.
Il est parti au petit matin vers un pays internationalement reconnu comme neutre. Cherchant son chemin, et malgré les indications justes et précises que sa compagne, patiente et délicate, lui avait laissées, il s’est trompé à plusieurs reprises dans les directions qu’il devait prendre. Deux fois, en se dirigeant vers la gare de Lyon pour aller prendre le TGV (Tous des Gens Vieux) il a pris la mauvaise direction. Et à chaque fois, des fées (un homme dans la trentaine en complet et un dans la vingtaine) sont venus l’avertir. Comme, il n’était pas d’avance, les fées lui ont vraiment permis de prendre le train vers la Neutre contrée.
Il s’assit dans le train, le wagon était vide, sauf pour une fille qui le regardait de loin, laissant deviner qu’elle ne souhaitait pas qu’il s’asseoit à côté d’elle. Mais, comme de fait son numéro de siège était pile celui-là. « Désolé, madame, j’ai le numéro 73 », lui dit-il. Sans le critiquer, mais avec une moue de jugement, elle a déplacé ces choses. Il s’est installé et a attendu. Malaise. Le passage du contrôleur lui a donné du courage « au moins, je suis dans le bon train ». Deux allemands sont entrés, « j’espère qu’ils sont dans le wagon 15, j’espère qu’ils sont dans le wagon 15 » pensa-t-il. Manque de bol, les salauds s’en vont au bar.
Devant les regards insistant de la fille. Il se posait plusieurs questions, pas toutes pertinentes : « est-ce que mes cheveux sont corrects ? est-ce que j’ai quelque chose entre les dents ». Finalement, il se décida par les gestes de son corps à l’écouter penser. Le message était clair : « Hey! Le cave va t’asseoir ailleurs, le wagon est vide ». Il lui a demandé poliment : « Est-ce qu’il servent du café ? ». Finalement, il s’est déplacé. Le sourire en coin était sans équivoque « Enfin! Il est parti ».
Arrivé à Neuchâtel, visite rapide en voiture et de l’Institut d’ethnologie de Neuchâtel (qui est, selon moi, un des plus beaux endroits pour étudier). Lieu de merveilles et de méditation, il s’est plus inspiré du paysage que des présentations. Profitant tout de même des repas gratuits, il a mangé dans des restaurant convenable.
À la fin de la première journée, il a décidé de marcher pour retourner à son hôtel, question de profiter des derniers rayons de soleil qui éclairaient un lac magnifique et les Alpes, qui sont une chaine montagneuse très cool. Suivant du regard le paysage qui disparaissait tranquillement, ses yeux ont retrouvé ses pieds et des questions se sont imposées : « Il est où mon hôtel ? Où suis-je ? C’est quoi le nom de mon hôtel ? Est-ce qu’il y a un bar le fun dans le coin ? ». Sa conclusion était évidente : « Il faut que je dompte le petit singe qui cour dans ma tête. Maudit singe ». N’ayant pas trouvé de bar avant leur fermeture (les bars Suisse sont vraiment agaces, ils ferment à minuit la semaine…), il a, tout de même retrouvé, au détour d’une rue son hôtel, « Mieux que rien » se dit-il.
Le lendemain, il a présenté dans un colloque sur le conte. Que connaissais-t-il du conte ? Nul ne le savait. Certains participants lui ont même posés la question. Toutefois, la magie de ses mots a su convaincre. Incroyable, mais vrai, tellement vrai qu’il est même ressorti du colloque avec les noms et les adresses des seigneurs des contes.
Sa quête a été longue et difficile. Il retourne auprès de sa compagne avec des images plein la tête, mais surtout soulagé d’avoir relevé un défi plutôt bizarre. La neutre contrée est maintenant derrière lui.
lundi 4 octobre 2010
Bonjour
Pas toujours facile de partir.
Il y a beaucoup de chose à faire et à penser.
Aux douanes, j'avais oublié que j'avais mis ma trousse de toilette dans mon bagage à main. Le douanier a ouvert l'infâme trousse et y a d'abord trouvé des ciseaux à cheveux qu'il m'a confisqués, tout comme mon couteau suisse. À ce moment, il m'a regardé tellement croche, c'est vraiment grave d'avoir un couteau suisse dans son bagage à main... Ce qui me surprend, c'est que je suis passé quand même sans trop de stress. Je pense que j'ai été tout aussi surpris que lui au moment de la découverte. Je n'ai plus de couteau suisse.
Mon avion a eu cinq heures de retard. Un aéroport c'est vraiment un endroit cool, j'ai rencontré une charmante musulmane mariée depuis quatre ans. Nous avons discuté pendant plusieurs heures de la question mulsulmane et des implications du port du voile. Après qu'elle ait mangé un bon grilled cheese d'aéroport, elle était allumée et volubile. Nous avons pu aborder l'épineuse question de la liberté de parole de la femme voilée. Elle m'a expliquée que c'est un choix qu'elle a mûri pendant de nombreuses années et que son poids est quotidien: chaque jour, les regards sont lourds sur elle. Comme si la croyance était synonyme de soumission. Être croyant en Occident est tellement anti-conformiste, les gothiques devraient porter la soutane.
Je suis enfin arrivé à Paris. Verre de champagne à la main, je découvre mon magnifique appartement avec mon amoureuse.
SMN
Inscription à :
Commentaires (Atom)