vendredi 8 octobre 2010

Lunatique

Il était une fois un être lunatique, enfermé dans sa tête, qui pensait trop souvent à autre chose que ce qui lui arrivait. Il avait la propension à faire des petites erreurs qui sont sans trop grandes conséquences, mais tellement évitables!
Il est parti au petit matin vers un pays internationalement reconnu comme neutre. Cherchant son chemin, et malgré les indications justes et précises que sa compagne, patiente et délicate, lui avait laissées, il s’est trompé à plusieurs reprises dans les directions qu’il devait prendre. Deux fois, en se dirigeant vers la gare de Lyon pour aller prendre le TGV (Tous des Gens Vieux) il a pris la mauvaise direction. Et à chaque fois, des fées (un homme dans la trentaine en complet et un dans la vingtaine) sont venus l’avertir. Comme, il n’était pas d’avance, les fées lui ont vraiment permis de prendre le train vers la Neutre contrée.

Il s’assit dans le train, le wagon était vide, sauf pour une fille qui le regardait de loin, laissant deviner qu’elle ne souhaitait pas qu’il s’asseoit à côté d’elle. Mais, comme de fait son numéro de siège était pile celui-là. « Désolé, madame, j’ai le numéro 73 », lui dit-il. Sans le critiquer, mais avec une moue de jugement, elle a déplacé ces choses. Il s’est installé et a attendu. Malaise. Le passage du contrôleur lui a donné du courage « au moins, je suis dans le bon train ». Deux allemands sont entrés, « j’espère qu’ils sont dans le wagon 15, j’espère qu’ils sont dans le wagon 15 » pensa-t-il. Manque de bol, les salauds s’en vont au bar.
Devant les regards insistant de la fille. Il se posait plusieurs questions, pas toutes pertinentes : « est-ce que mes cheveux sont corrects ? est-ce que j’ai quelque chose entre les dents ». Finalement, il se décida par les gestes de son corps à l’écouter penser. Le message était clair : « Hey! Le cave va t’asseoir ailleurs, le wagon est vide ». Il lui a demandé poliment : « Est-ce qu’il servent du café ? ». Finalement, il s’est déplacé. Le sourire en coin était sans équivoque « Enfin! Il est parti ».

Arrivé à Neuchâtel, visite rapide en voiture et de l’Institut d’ethnologie de Neuchâtel (qui est, selon moi, un des plus beaux endroits pour étudier). Lieu de merveilles et de méditation, il s’est plus inspiré du paysage que des présentations. Profitant tout de même des repas gratuits, il a mangé dans des restaurant convenable.
À la fin de la première journée, il a décidé de marcher pour retourner à son hôtel, question de profiter des derniers rayons de soleil qui éclairaient un lac magnifique et les Alpes, qui sont une chaine montagneuse très cool. Suivant du regard le paysage qui disparaissait tranquillement, ses yeux ont retrouvé ses pieds et des questions se sont imposées : « Il est où mon hôtel ? Où suis-je ? C’est quoi le nom de mon hôtel ? Est-ce qu’il y a un bar le fun dans le coin ? ». Sa conclusion était évidente : « Il faut que je dompte le petit singe qui cour dans ma tête. Maudit singe ». N’ayant pas trouvé de bar avant leur fermeture (les bars Suisse sont vraiment agaces, ils ferment à minuit la semaine…), il a, tout de même retrouvé, au détour d’une rue son hôtel, « Mieux que rien » se dit-il.

Le lendemain, il a présenté dans un colloque sur le conte. Que connaissais-t-il du conte ? Nul ne le savait. Certains participants lui ont même posés la question. Toutefois, la magie de ses mots a su convaincre. Incroyable, mais vrai, tellement vrai qu’il est même ressorti du colloque avec les noms et les adresses des seigneurs des contes.
Sa quête a été longue et difficile. Il retourne auprès de sa compagne avec des images plein la tête, mais surtout soulagé d’avoir relevé un défi plutôt bizarre. La neutre contrée est maintenant derrière lui.

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